Ne confondons pas amour et Amour

Prôner l'amour est un précepte incontestable, l'amour sauvera notre monde. Mais il ne faut pas se tromper d'amour, et trop souvent, nous confondons amour inconditionnel avec son opposé, l'amour conditionné. Quelle est donc la différence ?

Dans le premier cas, on aime sans se soucier du retour d'amour de l'autre pour soi. C'est un amour pur et désintéressé. Celui qui est dans l'amour inconditionnel est en paix avec lui-même, est conscient de sa valeur qu'il établi au même niveau que celle des autres. Il place tout le monde sur un pied d'égalité et ne donne que par pur altruisme. 

 

A l'inverse, l'amour conditionné est lui totalement, mais inconsciemment intéressé. C'est à dire que l'on donne dans l'espoir d'un retour, ou pire, que l'on ne donne de l'amour qu'après avoir obtenu ce retour !

Ce sont les personnes qui sont en manquent d'amour pour elle-même qui tomberont dans le premier piège. Elles donneront à tout va, en se vidant de leurs dernières gouttes d'amour durement gagnées. On trouve là les "sauveurs", qui ont pour habitude de se préoccuper d'avantage des autres que d'eux-même, car souvent mis dans ces situations de "pompage d'énergie" dès leur plus tendre enfance, ils entretiendront ce mode de fonctionnement tout au long de leur vie. On tombe alors très vite dans la dépendance affective, là où l'autre devient notre seul et unique source de survivance. 

La deuxième approche est "pire" dans le sens où elle est plus perverse encore. L'amour ne sera donné qu'à condition d'un service rendu. On se retrouve alors dans un schéma Maître/Esclave où ce ne sera pas le droit de vivre qui sera donné, mais une dose infime d'amour, juste bonne à permettre la survie psychique de l'autre. On apprend malheureusement à s'en contenter, étant près à donner toujours plus pour en retirer toujours moins. On grandit alors en se sentant constamment redevable et en étant persuadé que nous n'avons nous-même aucune valeur et que nous ne sommes pas "aimables" en tant que personne, mais que ce n'est que ce que l'on sera capable de donner qui fera notre valeur. On est alors convaincu que l'amour ne s'obtient qu'en échange de quelque-chose, matériel, physique ou autre et l'on entretiendra se mécanisme dans notre vie adulte, en devenant "généreux", mais là encore, de façon intéressée.

 

Le drame de ces comportements est qu'ils s'entretiennent de génération en génération, et de relation en relation, avec parfois des inversions ou des complémentarités au niveau de ces comportements déviants. Un enfant ayant grandi dans un environnement où l'amour était conditionnel pourra alors à son tour "réclamer son dû" en appliquant le même mode de fonctionnement à son environnement, ou au contraire, entretenir ce schéma avec les personnes clairvoyantes qui sauront détecter cette faille en elle et en user et en abuser avec un naturel déconcertant et totalement inconscient. 

 

L'amour n'est qu'énergie, cette denrée si rare lorsqu'elle est mal utilisée, dont tant de nous sont en rupture, ou arrivent à peine à maintenir un niveau juste suffisant. Nous pourrions faire un parallèle intéressant avec le pétrole. L'énergie tout comme l'amour sont toutes deux présentent de manière infinie sur cette planète. L'énergie libre existe, l'amour pour tous aussi ! Et cet amour pour tous commence par l'amour de soi. Tant que l'on ne s'aime pas, on ne peut aimer l'autre. On croit l'aimer, on pense l'aimer, mais on ne fait que tenter désespérément de s'approprier un peu d'amour pour soi à travers la quantité phénoménale d'amour que l'on est près à fournir pour cela.


La source d'amour en nous est inépuisable lorsque nous avons réussi à colmater la brèche de notre propre cœur et que l'amour cesse de se faire la belle continuellement. À partir de ce moment, et de moment là seulement, nous serons en mesure d'aimer vraiment l'autre, en lui apportant une vraie nourriture affective et en ne cherchant pas au contraire à le dépouiller encore un peu plus. C'est un jeu de ping-pong infernal où tel est pris qui croyait prendre ! Je te donne, je te prends, tu me donnes, je te prends. Au final, l'amour n'est pas donné, il est troqué, bradé, marchandé, soudoyé ou volé. Et tout cela, ce n'est bien évidemment pas de l'Amour.

 

Cela est mis en exergue avec une profondeur insoupçonnée par le commandement "aime ton prochain comme toi même", car vous l'aurez maintenant compris, il faut d'abord s'aimer "bien" avant de vouloir aimer l'autre, au risque de mal l'aimer !


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