Mon âme ? Kesako ?

L'heure est donc venue de parler un peu de notre âme. Beaucoup de notions circulent à son propos, elle est en nous, autour de nous, c'est notre Esprit, notre mental, une particule de la Conscience, notre raison d'Être, la vie, notre ticket d'entrée au Paradis ? Chacun en fonction de ses croyances aura sa propre vision de ce que nôtre âme est. 

L'âme est la partie spirituelle de notre être, qui sait ce que nous sommes sensés être venu faire ici, sur cette terre, dans cette incarnation. C'est un peu notre "Ordre de Mission terrestre". Elle nous accompagne sans cesse, dans toutes nos actions ou pensées, et elle est comme la mémoire morte de notre être dans ce sens qu'elle ne peut être réécrite ni modifiée au cours de vie. C'est aussi notre Contrat d'incarnation. Son rôle est de nous rappeler sans cesse pourquoi nous sommes ici et ce que nous sommes sensé y faire. Nôtre âme est une compagne douce, discrète, mais qui sait aussi se faire forte et sans compromis quand nous avons tendance à nous endormir sur nos lauriers... C'est ainsi qu'elle saura nous faire ressentir par le biais des émotions si nous sommes centrés avec notre être, ou si au contraire nous sommes perdus en route. Lorsque les émotions ne suffissent pas, sur la durée, ces émotions trop longtemps refoulées se cristallisent en nous et en viennent à se materialiser sous forme de malaises ou de maladies. Si l'on reste totalement fermé à ces messages, cela peut nous conduire à la mort. L'âme fait partie de quelque-chose de plus grand, elle fait partie du Plan, de la Conscience, de cette Intelligence Supérieure qui dicte sans que l'on en ait conscience chacun de nos pas. 

Notre âme a cependant un grand adversaire auquel se confronter durant notre incarnation, il s'agit de notre ego. Lui se pose cependant moins de questions et il sait, ou plutôt croit tout savoir. Il est pétri de peurs et n'arrive à se rassurer, et à nous rassurer par la même occasion qu'en adhérant à toujours plus de croyances et de certitudes toujours plus limitantes. C'est lui qui nous rend sourd aux cris de notre corps en détournant notre attention sur des choses plus futiles, sur nos petits péchés mignons qu'il connait si bien, puisqu'il les a fait naître en nous. ll a ainsi crée de toute pièce un personnage, la persona, auquel on fini bien souvent par s'identifier totalement et qui occulte de ce fait notre être spirituel en mission sur Terre.

La lutte peut alors sembler bien inégale entre ce tyran qu'est l'ego qui nous mène d'une main de fer et qui nous ferait prendre des vessies pour des lanternes... et notre âme, discrète, pure, vraie, centrée, et si bienveillante envers nous-mêmes. Mais cela serait sans compter sur leurs partenaires respectifs que sont le mental et le cœur... L'ego a pris le contrôle total sur notre mental, il a réussi à se faire passer pour nous, et notre mental a gobé la chose en s'identifiant sans réserves à ce personage, bien aidé en cela par la petite voix incessante de l'ego qui le matraque à longueur de journée de il faut, tu devrais, tu ne devrais pas, ça se fait, ça ne se fait pas, à ta place, c'est une bonne idée, sauf que, oui, mais ou encore de ça m'étonnes de toi, je n'aurais pas cru ça de toi, culpabilisante, jugeante, et si douée pour nous faire jouer notre rôle. Cette petite voix qui nous souffle sans cesse le chaud et le froid, nous confortant ou au contraire nous déstabilisant a de quoi nous faire tourner en bourrique... Ce petit jeu perdure longtemps, des dizaines d'années, et parfois même toute une vie, une vie gâchée, mise au service d'un ego qui ne sert que lui-même, et qui n'a donc aucun intérêt d'un point de vue plus spirituel.

Heureusement, parfois, chez certaines personnes, cet ego est démasqué. Elles commencent à percevoir son petit manège à travers ses discours bien souvent incohérents, n'hésitant pas à mentir, à changer d'avis ou à vouloir prendre trop de place. L'allié de l'âme est le cœur. C'est souvent lui qui nous interpelle, ne se sentant plus en phase entre ce qu'il ressent et ce que nous vivons réellement dans notre vie. Se produit alors un phénomène que j'appellerais l'Éveil. L'éveil est la dissociation de la conscience d'avec le mental. Cela nous donne la capacité phénoménale de devenir l'observateur de notre mental, mais aussi de nos émotions et de nos pensées. Nous devenons celui qui observe l'observateur, nous dissociant de l'observateur lui-même, celui que nous pensions être.

L'éveil se produit lorsqu'une petite lumière dans le cœur devient visible à la conscience de la personne. Longtemps maintenue dans le noir absolu par l'ego trop dense pour laisser passer la moindre lumière, cette petite flamme très fébrile au départ est pourtant bien là, diffusant sa lumière vacillante que seul notre cœur arrive à percevoir au départ. Mais la vision de cette lumière, aussi légère soit-elle, rappelle quelque-chose à notre cœur. Cela lui rappelle cet Amour inconditionnel qu'il a connu, avant, avant cette incarnation, cet amour plus fort que tout. Il n'aura alors de cesse que de vouloir faire grandir cette lumière en nous, toujours plus grand, pour retrouver la connection à cette Source d'amour et de lumière infinie dont il a enfin retrouvé la trace.

L'ego n'est pas mauvais en soi, il a pris à cœur de nous protéger durant notre enfance, pour garantir notre survie, mais il a tellement pris ce rôle à cœur qu'il est devenu un véritable tyran qui nous a enfermé dans la propre cage de notre individualité. Lorsque le cœur se reconnecte donc à nôtre Être, il s'attèle à la tâche de nous faire retrouver qui nous sommes, car il pressent quelque-chose de beaucoup plus grand que nous en nous. C'est alors que le contact de l'être avec l'âme peut enfin se renouer, par l'intermédiaire du cœur. Tout deux rétablissent le dialogue et se mettent à se soutenir mutuellement, tout comme le mental s'était mis à soutenir l'ego, le cœur se met à soutenir l'âme et un combat se livre alors en nous, cœur contre tête, âme contre ego. Notre conscience, ou peut-être devrais-je dire, La Conscience, cette fois dissociée de notre mental, peut alors devenir l'observatrice de ce combat sans merci qui se livre en nous. C'est un combat sans pitié d'un mental conditionné par une foule de croyances bien ancrées et sur lesquelles nous avons construit toute notre vie, et un cœur bien souvent meurtri, qui a peur de souffrir encore en s'exposant ainsi face à cet adversaire si coriace. Le cœur cependant a un autre allié, par l'intermédiaire de l'âme, la Foi naît en lui. Il perçoit cette chose totalement abstraite, impalpable et qu'il est si facile de remettre en cause. C'est donc le combat de David contre Goliath, celui de la force brute matérielle et bien palpable, contre la force du cœur, qui ne se base que sur des ressentis subtils qui se met en place. Il y a plusieurs moyens de mener ce combat, l'abandon total, l'expérience du cœur, ou la reddition à l'ego. La voie du milieu est celle qui permet de mener ce combat de la façon la plus sereine possible, testant différentes approches et mesurant les résultats bien souvent immédiats. 

Ce n'est cependant pas un combat à mort, l'objectif n'étant pas de tuer l'ego ou l'âme, mais plutôt de leur apprendre à travailler ensemble, l'ego devant se soumettre et se mettre au service de l'âme. L'être ne vit alors plus pour lui même dominé par un ego, mais il se met au service de la mission qu'il a choisi de remplir au service du Plan, l'ego ayant fini de contribuer au travail de nettoyage de la personnalité. 

 

Au service du Plan